Page:Vésinier - Histoire de la Commune de Paris.djvu/423

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Communes, de la rue des Tourelles et de la porte Ménilmontant. En avant à l’est, la ligne des barricades allait jusqu’aux rues des Prés Saint-Gervais, de Calais et des Bois. C’est-à-dire qu’ils étaient enfermés dans un triangle ayant un kilomètre de long sur un demi kilomètre de hauteur. C’est sur cette étroite surface de terrain que la lutte a continué encore pendant vingt heures contre l’armée de Versailles.

Les derniers défenseurs de la Commune s’attendaient à chaque instant à voir leurs barricades prises, leurs dernières positions envahies par les troupes de Versailles. Ils ne pensaient jamais voir le jour du lendemain. Une effrayante et magnifique lueur illuminait la nuit et se projetait au nord et au sud-ouest avec des splendeurs d’aurores-boréales ; nous n’avions jamais vu foyer plus intense ; au dessus du Bassin de la Villette s’élevaient des jets lumineux, des gerbes d’étincelles. Au milieu des courbes et du sifflement des projectiles, qui tombaient et éclataient près de nous, nous entendions des explosions formidables. C’étaient les docks et les entrepôts de la Villette dont nous avons déjà parlé, et auxquels les batteries de l’armée de Clinchant avaient mis le feu, qui flamboyaient encore d’une façon sinistre et grandiose.

Au sud-ouest un autre foyer incandescent illuminait les bords de la Seine ; une énorme colonne de