Page:Vaillant-Couturier - Députés contre parlement.djvu/55

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lité, pour commander d’appliquer cette grande loi nouvelle.

Mais comment l’appliquer ? Dès qu’ils n’ont plus affaire à des discoureurs et à des rêveurs inoffensifs, mais à des logiciens qui envisagent logiquement la réalisation des idées, les instigateurs et les profiteurs de l’exploitation et du massacre, dressent contre eux toutes leurs forces. « Entre eux et nous c’est une question de force », a déclaré M. Clemenceau. Ce que le vieux politicien a dit là, parce qu’il se croyait le plus fort, est exact. Alors, il faut ou bien employer les mêmes armes qu’eux et se saisir violemment de la violence pour l’éliminer, ou bien nous croiser les bras, prendre la responsabilité tragique de nous taire, et apporter à la spoliation endémique l’écrasant renfort de notre passivité. Cette conception rudimentaire de la mansuétude donne, en apparence, un beau rôle à qui s’en pare, mais elle est, en réalité, criminelle. Se permettre de comparer la violence des justiciers à celle des malfaiteurs, c’est faire un rapprochement superficiel et