Page:Variétés Tome II.djvu/189

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36. Deffendons à tous marchans de n’apporter du poivre en nostre convent.

37. Exterminons d’iceluy tous saffranniers33, ensemble tous vendeurs de quinquaillerie34.

38. Sur les remonstrances qui nous ont esté faictes par les damoiselles et bourgeoises, au moyen de quelques drogueries que les marchants vont querir ès païs loingtains, et huilles non aucunement necessaires, espuisantz par ce moyen nos pays et contrées d’or et d’argent, combien que nous ayons les huilles à nos portes, deffendons à tous marchans d’aller achepter huilles ailleurs qu’en nostre bonne ville de Reins.

39. Toutes choses qui sont indifferentes, comme habits et vestemens, ne seront subjects à correction et mesdisance sinon par la bouche des sots, reservé que ceux ou celles qui en introduiront les premières coustumes pourront passer par le bureau et


33. Pasquier entend par là soit les gens capables de faire banqueroute à l’amour, et dignes d’avoir, comme les autres banqueroutiers, leurs maisons teintes de couleur de safran, soit les amants transis dont Du Lorens a dit (satire 14) :

Tant d’hommes que l’on voit tendres et langoureux
De couleur de safran, sont tous ses amoureux.

34. C’est-à-dire s’amusant aux bagatelles et ne donnant pas marchandise qui dure. « Ce sera une denrée meslée telle que de ces marchands quincailliers, lesquels assortissent leurs boutiques de toutes sortes de marchandises pour en avoir le plus prompt débit. » Pasquier, Lettres, liv. 1er, lettre 1re.