Page:Variétés Tome II.djvu/238

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faire. Là presidoit (comme maistresse passée dès long-temps en l’art de recoudre le pucellage) belle, admirable et excellentissime dame Avoye, de son temps le passe-partout2 de la cour, la haguenée des courtisans, l’arrière-boutique du regiment des gardes, le reconfort des Suisses, et maintenant, faute d’autre besongne, la doctrine, enseignement, et la science des autres, l’instruction des jeunes, le truchement des nouvelles venuës et le reservoir de tout ce qu’on peut esperer, chercher, inventer de nouveau, en matière d’amour.

Elle est assise sur un trepied comme quelque sibille Cumene ; après avoir toussé, roté, craché, emeunti, mouché, regardant la noble compagnie qui l’environnoit :

Mes bonnes gens, dit-elle, puisque nous nous sommes si heureusement assemblez ce jourd’hui, je


deresse est l’un de ceux qui sont soumis à l’approbation des Grands jours de l’éloquence françoise, d’après le Rôle des presentations, etc., pièce publiée dans notre tome 1er (p. 137), et que nous avons appris depuis avoir éte attribuée par Pellisson (Hist. de l’Acad. franç., t. 1er, p. 67) à Sorel, qui, de son côté, s’en défendit fort dans son Discours sur l’Académie françoise (1654, in-12).

2. Auparavant, pour exprimer la même chose, on avoit dit passe-fillon. C’étoit, et pour cause, le surnom donné à une femme de Lyon qui fut la maîtresse de Louis XI. (V. la Chronique scandaleuse.) Ce mot, dont le nom de la Fillon, fameuse courtisane de la Régence, ne nous semble être qu’un diminutif, se retrouve, du moins pour le sens, dans celui de passe-lacet, qui court encore les coulisses de l’Opéra.