Page:Variétés Tome II.djvu/245

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tresse a beau dire, en despit d’elle je le feray, y deussé-je demeurer embourbée jusques aux oreilles.

— Pour moy, dit Alison, je crois que mon… vous m’entendez bien, est tout plein de cirons, car plus je le gratte, plus il me demange, et suis resolue doresnavant de me faire esventer par mon maistre : il a une bonne queue de renard. À tout le moins m’ostera-il la demangeson. Il est vray que je ressemble à terre de marets : il y enfoncera jusques au ventre, mais il n’importe.

À peine achevoit-elle ces mots qu’on fit un grand bruit à la porte. Trois ou quatre vieilles megères arrivent avec un papier en leur main, signifiant de la part des maistresses à l’assemblée qu’elle eust promptement à se retirer. L’arrest portoit ces mots :

Arrest intervenu de la part des maistresses.

« Nous, damoiselles crottées, bourgeoises à petit chaperon, femmes mariées, vieilles sempiternelles, fiancées, et generalement toutes appetans copulation, enjoignons aux servantes de se departir de coucher avec nos maris, sur peines d’estre frottées, chassées, emprisonnées, testonnées, battues, pelaudées, estrillées, mal menées, despoüillées d’habits, etc., ayant interest qu’on ne vienne pas manger nostre viande, ny cuire en nostre four. »

Dame Avoye avoit quelque chose à respondre là-dessus ; mais elle remit le tout à vendredy prochain.