Page:Variétés Tome II.djvu/293

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


main, t’en retournas coucher à Paris parceque ton valet de chambre avoit oublié d’apporter ton sac où estoient tes besongnes17 de nuict, et qui te ventois neantmoins de coucher sur des matelats faits de moustaches de capitaines que tu avois tués en duel ou en combat general.

Allegret. Que c’est d’un homme qui ne sçait pas du latin, qui n’est pas congru, et veut neantmoins parler comme un qui entend l’art oratoire et la gregorique ! En pençant louer ceux de ta nation, tu les mesprises, et tantost peut-estre tu compareras son espèce à celle de Gouville, Champenois, auquel le deffunct roy commanda de ne plus porter qu’un baston, avec lequel, neantmoins, il a souvent attaqué des personnes qui avoient espée et dague. Tu veux donc sçavoir des nouvelles de la guerre, vieux renard, le nom qu’ont donné les ministres fidèles du saint Evangile à un que je cognois bien, que le nouveau Aristarque appelle en ses visions hipocrite à visage d’hermite ? Sçaches que, puisque je n’entens crier par Paris que des lettres, que ces mouvemens ne seront que remuemens des lèvres et de la langue, et mouvemens de plume que le vent emportera, quoy qu’on nous conte de ce vaillant comte18, venu


17. Hardes. V., sur ce mot ainsi employé, une note de notre édition des Caquets de l’Accouchée, p. 19.

18. Il s’agit ici de ce que M. de Schomberg avoit mandé au roi touchant le fort d’Uzarche, en Limosin, enlevé au comte d’Épernon le 11 avril de cette année-là. Entre autres pièces sur cette affaire, nous connaissons celle-ci : Lettre envoyée au roi par M. le comte de Schomberg sur la prise d’Uzarche, Paris, par F. Morel, 1619, in-8.