Page:Variétés Tome II.djvu/295

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sont logez en garnison dans ces maisons ainsi que les lapins dans la garenne de Boulongne, les quels s’en font bien accroire, et ont tantost deslogé de ce pont les huissiers de la Samaritaine, qui vacquoient continuellement à exploicter de prinse de corps, ou donner des assignations aux masles pour se joindre aux femelles, à celle fin de communiquer les pièces des quelles ils desirent s’aider au procez, dont le jugement ne peut estre jamais autre qu’un appointement de contraires. Que diable avons-nous affaire de guerre ?

La guerre abbat l’honneur des villes,
Aneantist des lois civiles
La crainte, par impunité.

On ne voit alors que confusion et desordre : les capitaines et les chefs guerroyent la bource des riches laboureurs ; les soldats font la guerre aux filles et femmes des paysans, cependant que leurs goujats, au coin d’un buisson, attendent qu’il passe quelque pauvre poulle pour l’estropier, ou bien vont querir la poire d’angoisse22 pour la mettre dans la bouche de quelque marchand ou bon bourgeois prisonnier


22. C’est la fameuse invention du voleur toulousain Palioli. Gouriet, dans son livre les Personnages célèbres des rues de Paris (t. 2, p. 27-28), en a parlé d’après l’auteur de l’Inventaire général des larrons (1555). Celui-ci décrit ainsi « cet instrument tout à fait diabolique, et qui a causé de grands maux dans Paris et dans toute la France. « C’estoit, dit-il, une sorte de petite boule qui, par de certains ressorts intérieurs, venoit à s’ouvrir et à s’eslargir, en sorte qu’il n’y avoit moyen de la refermer ni de la remettre en