Page:Variétés Tome II.djvu/299

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doit faire n’est pas oisif, et celuy qui pense le plus à une chose n’est jamais fautif. Il n’y a rien si aisé que de prendre les armes, donner des alarmes, troubler le repos public. Joüer et perdre, chacun le sait faire. Un fol qui cherche son malheur le trouve bien tost ; il n’avance pas grand chose, car il est bien tost decouvert, et se laisse prendre à la parfin sans verd, parcequ’il s’est repeu de vaines esperances d’estre protegé de ceux qu’il a assistez, qui l’abandonnent incontinent qu’ils ont fait leur paix. Et cependant le roy, qui a du jugement, remarque ces factieux pour les chastier à la première occasion. C’est tousjours le plus seur de se retirer près de son maistre, embrasser son party : il y a, outre ce de l’honneur, il y a du profit. C’est un commun dire entre les courtisans que les fols aux eschets et les sages à la cour sont tousjours les plus proches du roy29. M. le mareschal de la Diguières dit qu’un bon courtisan ne doit jamais passer un jour sans voir le roy. Efforcez-vous donc, nobles qui tenez rang de seigneurs, ducs et pairs, officiers de la couronne, de recognoistre vostre devoir ; gardez-vous de perdre par vos desservices les moyens et les honneurs que vos merites et ceux que vos pères et ancestres vous ont acquis dans les bonnes graces de nostre prince ; monstrez par vos actions que vous avez du ressentiment en ses interests, et generalement tous bons François :

Prions de cœur le souverain


29. On sait le vers de Régnier dans sa 14e satire :

Les fous sont, aux échecs, les plus proches des rois.