Page:Variétés Tome II.djvu/298

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culierement au royaume de France, où tous les mouvemens ne procèdent que d’une certaine envie que les courtisans ont les uns contre les autres, qui jouent à boute-hors28, et chacun voudrait tenir le dez et gouverner son maistre. Lors que ces trois galans gentils-hommes jouyssoient d’une mediocre fortune, c’estoient, au dire de tous, les plus honnestes et courtois du monde ; tous les courtisans, du plus grand jusques au moindre, honoroient extremement leur vertu et merite. Maintenant qu’ils sont eslevez en grade et dignité, voyez comme l’envie decoche ses traicts aiguz de medisance contre ces fermes et asseurez rochers de constance, que les foudres d’une haine et commune indignation pourront bien toucher, mais non pas brecher ! Nous autres gens de basse estoffe, qui nous laissons emporter aux passions des grands, qui bien souvent commencent par un petit manquement, comme seroit une certaine espèce de desobeïssance au roy, laquelle, opiniastrement defendue, se trouve, au bout du compte, une grande erreur, du quel, pour l’ordinaire, les petits compagnons sont chastiez et portent tousjours la penitence, et payent la fole enchère des fautes commises par les grands. Qui pense bien à ce qu’il


littérature de Vigneul-Marville (Paris, 1699, in-12, p. 313), à propos de Commines : « On voyoit autrefois sur son tombeau, dans l’église des Grands-Augustins de Paris, où il est inhumé, un globe en relief et un chou cabus, avec cette devise, qui marque la grande simplicité de ce temps-là : « Le monde n’est qu’abus. »

28. Jeu que nomme aussi Rabelais (ibid.), et que son nom explique assez.