Page:Variétés Tome II.djvu/316

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Cartels de deux Gascons et leurs rodomontades,
avec la dissection de leur humeur espagnole
.

Deux prodiges de la nature, habillez à l’espagnole, que la Gascoygne a envoyé à pied à Paris pour la recognoissance ordinaire qu’elle luy a, se sont venuz loger avec une demy-douzaine de leur calibre, où pour paroistre dans le monde on faict en sorte de se pratiquer un habit, un bidet et un laquais, dont l’un faict parade à son tour pendant que les autres gardent la chambre sans avoir prins medecine ; afin de se donner l’entrée aux meilleures compagnies par l’artifice de leur bonne mine, veulent que l’on croye qu’ils sont quelqu’un, et, se mirant dedans des plumes quy ne leur apartiennent pas, aussytost à se qualifier du nom de quelque arbre quy sera au carrefour de leur village ou de quelque pière ou morceau de vigne quy aura appartenu à quelques uns de leurs alliez dont on aura sceu tirer seulement les frayz du decret, puis, se relevant la moustache pour la meilleure contenance qu’ils ayent, pensent eblouir les yeux à tout le monde par l’eclat d’un diamant qui sera quelque happelourde du Palais2, ou, en se retournant, comme par mespris pour


2. Fausses pierreries, qui se vendoient d’abord sous les galeries du Palais. V. plus haut, sur ce mot happelourde,