Page:Variétés Tome II.djvu/338

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En vos manoirs et plaisantes demeures,
Où soustenez, comme en cavernes seures,
Les grands larrons, meurtriers et parricides ;
Putiers, putains, perjures, homicides,
Incestueux, sodomites damnables,

Pour de l’argent vous sont tous agreables.

Or, sus, allons : pendant que suis dispos,
Poursuivre faut ton troisième propos.
Tu nous as dict que les putains tousjour
Avec nous sont et y font leur sejour ;
Mais je voy bien, frater à rouge trogne,
Qu’en nous grattant tu n’as senti ta rongne.
Si quelque honte il te reste au museau,
Sçait-on trouver (dy-moy) plus grand bourdeau,
Où l’on commet d’ordures plus grand’somme,
Qu’en voz convens, vrays manoirs de Sodome ?
Vous, Cordeliers, Jacopins, Jesuites,
Carmes, Chartreux, Augustins hypocrites,
D’où vient cela qu’on vous nomme beaux pères ?
C’est qu’à l’ombre d’un joly crucifix
Gaignez souvent des filles ou des filz
En accoinctant vos sainctes belles-mères.
Quant aux parloirs et aux confessions,
Vous commetez vos dissolutions,
Attouchemens vilains et execrables,
Sales propos et faicts deraisonnables :
Là le peché s’abaisse jusqu’au centre,
Et les beaux fruits se font sentir au ventre
Que despescher faictes devant son jour
Avant que voir du beau monde l’entour,
Pour conserver la reputation
De l’ordre et de vostre religion,