Page:Variétés Tome II.djvu/337

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Nez que je dis vrays nez de cardinal,
Vos heures sont et vostre doctrinal ;
Nez vrays miroërs de zèle sorbonique
Qui ne pensa jamais estre heretique ;
Nez vrays supports de nostre mère Eglise,
Très dignes nez, que l’on les canonise :
Le beau rebec, la belle cornemuse,
Dont la ronflante, harmonieuse muse,
Du blanc, du teinct et du clairet enflée,
Ose hardiement, voire d’une soufflée,
Le dieu Bacchus, avec tous ses enfans,
Je dis mesme jusqu’aux plus triomphans,
Ce dieu qui est assis sur un poinçon,

Desfier à beaux coups de gros flacons.

Voilà comment vous vivez en prelatz,
En regardant du monde les debatz ;
Et nous, soldats, portons les corseletz,
Tandis que vous vuydez les gobeletz ;
Avons en main harquebuses ou picques,
Et vous, messieurs, croix d’or ou des reliques ;
Couchons souvent sur paille ou terre dure,
Souffrant la faim, soif, chaleur ou froidure,
Puis assaillis dans quelque forte place,
Puis assaillans l’ennemy plein d’audace,
Nous endurons des maux en mainte guyse
Pour deffendre ces sainctes gens d’eglise,
Qui cependant meritez paradis,
Pour vous et nous chantans De profundis


ch. 5). Ce vers donne raison à Le Duchat, qui pensoit qu’on appeloit ainsi le bon vin qui faisoit hocher de la tête sur l’une et l’autre oreille en signe d’approbation.