Page:Variétés Tome II.djvu/342

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Plustost sauvés seront que tels prelats.
Voylà, frater, quel est le tesmoignage

Que je donray à vostre parentage.

Epilogue.

Mais, pour chasser toute melancolie
Et resjouir la bonne compagnie,
Sus, sus, soldats ! chantons joyeusement
Ces beaux huictains que nous apprit Clement,
Je dis Marot, qui le pot descouvrit,
Dont ces cagots creveront de despit.

Nos beaux peres religieux9,
Vous disnez pour un grand mercy.
Ô gens heureux ! ô demi-dieux !
Pleust à Dieu que fussions ainsy !
Comme nous vivrions sans soucy !
Car le veu qui l’argent vous oste,
Il est clair qu’il deffend aussy
Que ne payez jamais vostre oste.

Pause.

Voulez-vous voir un homme honneste ?
Attachez-moy une sonnette
Sur le front d’un moine crotté,
Une oreille à chaque costé


9. Ce huitain n’est pas de Marot, mais de Brodeau, poète tourangeau, son contemporain. C’est son épigramme à deux frères mineurs. (V. Œuvres de Marot, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. 2, p. 261.) L’autre huitain n’est pas non plus de Clément Marot.