Page:Variétés Tome IX.djvu/164

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DIALOGUE IV.
La Bourgeoise.
La Drappière.

La Bourgeoise.

Bon jour, Madame ; n’avez vous point quelque belle estoffe pour faire un manteau à mon mary ?

La Drappière.

Ouy dea, Madame, vous avez moyen de choisir, nous vous en monstrerons de toutes les sortes. Madame, vous plaist il du drap ? ou bien voila de beau carizi d’Angleterre[1].

  1. Les draps d’Angleterre avoient alors la vogue, mais ils n’étoient anglois que de nom. Le M. Guillaume de l’Avocat pathelin de Brueys ne ment pas lorsqu’il parle de ses brebis qui lui donnent d’excellente laine d’Angleterre ! Le carizi étoit fait avec de la laine de Flandre, et son nom n’est qu’une altération de celui des arazi, étoffes d’Arras, célèbres partout au moyen age. Dès le 14e siècle, il est parlé en Italie des étoffes appelées arassa (Muratori, t. XVI, col. 583) ; et l’on sait par le testament de Richard II, que ce roi d’Angleterre portoit, entre autres vêtements, des habits de drap d’Arras. (Rymer, t. III, 4e part., p. 158.) Arras, au XVIe siècle, fournissoit toutes les tapisseries de haute lisse, appelées encore en Italie arazzi, ou panni di rassia. (L. De Laborde, Union des Arts et de l’Industrie, t. 2, p. 435.)