Page:Variétés Tome VI.djvu/111

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Voilà donc à quoy revient ces despens, ce grand amas de finances ausquels nous pouvons observer cet ordre de la nature, que, tout ainsi que des fontaines naissent des ruisseaux, les rivières qui tirent quelques fois leur origine de lacs dont les sources sont en eux-mesmes et se desgorgent toutes dans la mer, de mesme se peut-il voir des finances, en ce qu’après estre entrées en l’espargne, elles en sortent, comme nous avons monstré cy-devant, et, se jettans par les plus grosses veines, se respendent jusques aux plus moindres partyes, qui sont les laboureurs et artizans, ausquels il faut necessairement que la plus part s’en aille ; et que si, pour conserver le repos du royaume, il en sort quelque partie, aussi en entre-il d’ailleurs par le moyen de ces quatre sources inexpirables : le bled, le vin, les toilles et le pastel38, dont la paye entretient l’abondance et fait que le peuple se peut facilement acquitter de ce qui luy est imposé sur luy, vivre paisiblement et d’esperer encore mieux à l’advenir ; car Sa Majesté veillant, comme elle a fait depuis la paix, par les yeux de ceux qu’elle a commis et dignement choisis en toutes les charges de son Estat, et recouvrant comme elle a fait le douaire de sa sacrée couronne, sçavoir est le domaine dont il y a party fait dès l’année mil six cens et douze39, pour prest de trente millions de livres, c’est le moyen le plus asseuré pour l’en-


38. Sur ce produit, l’une des principales richesses de nos provinces méridionales, V. notre t. 3, p. 110–111.

39. « Dès l’année 1608 », lit-on dans l’État de 1607, dont, sauf cette variante, tout ce paragraphe est la reproduction.