Page:Variétés Tome VI.djvu/132

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Le deplaisir que j’ay de t’avoir meprisée
Au temps que ma besongne estoit des grands prisée,
Et que tu me voulois mettre à Fontainebleau2,
M’est si grand que depuis, pour marque de ma faute,
Au bourg où je me tien, j’ay dans ma chambre haute
Dudit Fontainebleau l’admirable tableau.

Enfin je pouvois estre, exempt des fascheries,
Dans ce Fontainebleau ou dans les Galeries
Où maints artisans sont au service des rois.
Mais j’ay beau regretter Fontainebleau, le Louvre,
Le temps qui est perdu jamais ne se recouvre,
Ny l’homme ne peut estre au monde qu’une fois.

À la Fortune.

Fortune, qui conduis sur la terre et sur l’onde
En diverses façons la brigade du monde,
Fay que ce petit livre, où je suis esperdu,
Pour ne l’avoir sceu faire, en ce temps où nous sommes,
Digne de voir le jour, ny d’estre veu des hommes
Ne soit des mesdisans ny pincé, ny mordu.

De plus, fais, s’il te plaist, que ce petit volume,
Au sortir de ma forge, où le charbon s’allume,


titre, à la même bibliothèque. Une série de huitains adressés aux arquebusiers en est la pièce la plus curieuse ; elle nous a beaucoup servi pour l’annotation des quatrains que nous donnons ici.

2. L’arsenal particulier du roi étoit à Fontainebleau, dans la partie du château qu’on appeloit le pavillon des armes. Une des chambres de ce pavillon avoit servi de prison au maréchal de Biron.