Page:Variétés Tome VI.djvu/133

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Ne s’aille mettre au jour sans guide et sans support :
Car, s’il est attaqué de quelque Menippée,
Un coup de langue est pire qu’un coup d’espée,

Ou fais à tout le moins qu’il prenne un passeport.

Toy donc que je reclame, ô Fortune perverse !
Qui eslève les uns et les autres renverse
Dans les malheurs du monde où le destin nous met,
Ne me sois point contraire, ains conduis mon envie ;
Mais quoy ! tu ne peus rien en ceste humaine vie,
Ny le destin non plus, si Dieu ne le permet.

Au Bonheur.

Bonheur, qui peux beaucoup et qui n’as rien d’injuste,
Qui conduis les desseins de nostre grand Auguste,
Sous le vouloir de Dieu et de Sa Majesté,
Je te prie et conjure, au nom de ce monarque,
De vouloir empescher que d’aucun aristarque
Ce petit avorton ne soit trop molesté.

Au mesme.

La chauve Occasion3, qui va sur une boule,
Ny la Fortune aussi, qu’entre le peuple roule,
Ne sont pas tant que toy en ce bas univers.
Parquoy, de tout mon cœur, je te supplie encore,
Ô souverain Bonheur, que j’aime et que j’honore !
D’estre le sauf-conduit de moy et de mes vers.



3. Pour comprendre cette épithète de chauve qu’il donne à l’Occasion, après avoir dit tout à l’heure qu’il eût dû la pren-