Page:Variétés Tome VI.djvu/138

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Il est vray qu’il seroit en beaucoup plus de peine,
Beaucoup plus qu’un de fer difficile à forger,
Mais qu’il seroit aussi fait en si longue haleine
Beaucoup plus fort qu’un autre et beaucoup plus leger.

De tels canons Bellone est encor despourveue,
Et pour en faire voir j’en ferois volontiers ;
Mais je suis devenu si foible et court de veue
Que je me juge impropre à tous rudes mestiers.

Pour de petits et forts et legers tout ensemble,
À moins de peine et frais j’en fay bien quelques uns
En des pistolets plains, qui seront, ce me semble,
Au service de Mars, meilleurs que les communs.

En après, pour monter ces canons que j’approuve,
À rouets ou fusils9, suivant ma reigle icy,
Un cormier rouge et dur est le bois que je trouve
À monter le plus beau et le meilleur aussi10.



Comme le bois dans son escorce,
Soudé par des maistres experts,

Augmente d’un canon la force.

9. C’est vers 1630 seulement qu’on avoit substitué au mouvement du rouet contre la platine à silex le simple choc de la pierre à feu ou fusil ; de là le nom nouveau de ces sortes de mousquets. Les vers de Poumerol sont de 1631 : il y parle donc d’une chose toute récente. Aussi, plus loin, les appellera-t-il ces fusils nouveaux. (V. Marolle, la Chasse au fusil, 1788, p. 47.)

10. Il dit dans ses huitains :

En outre, pour estre subtils
À couper le bois des montures,
Il faut avoir de bons outils
Pour en bien faire les jointures,
Et que tous les fers agencez