Page:Variétés Tome VI.djvu/291

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Contre les astrologues qui se mêlent de predire
les choses futures
.

Stances.

Comme peux-tu, fol astrologue,
Trop orgueilleux, superbe et rogue,
Cognoistre la force des deux,
Leurs mouvemens et influance,
Puisque ta belle suffisance
N’est que d’avoir du sable aux yeux ?

Tu ne cognois pas, grosse beste,
Alors que tu lèves la teste
Pour voir les astres si souvent,
Que tu tombes dans une fosse6.


6. C’est la fable d’Ésope, l’Astrologue, reprise, comme on sait, par La Fontaine, liv. 2, fable 13. « Je sçais bon gré, dit Montaigne (Essais, liv. 2, chap. 12) à la garse milésienne qui, voyant le philosophe Thalès s’amuser continuellement à la contemplation de la voulte celeste et tenir toujours les yeux eslevez contremont, lui mit en son passage quelque chose à le faire bruncher, pour l’advertir qu’il seroit temps d’amuser son pensement aux choses qui estoient dans les nues quand il auroit pourveu à celles qui estoyent à ses pieds. » Montaigne cite ensuite ce vers que Cicéron, De divinat., liv. 2, chap. 13, dirige contre Démocrite :

Quod est ante pedes nemo spectat, cœli scrutantur plagas.

D’après une anecdocte que raconte le Menagiana (Collect. des Ana, t. 1, p. 78), il paroîtroit que ce qui fait le sujet de ces fables arriva un jour réellement.