Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/70

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du doigt, ce qui ne se fait pas sans péril, et si on ne voit pas grand’chose ; mais le matinInstant le plus favorable pour découvrir ce qu’on veut voir. en se retirant peu à peu avec le jour, on découvre ce qu’on voulait voir d’une manière plus parfaite.

C’est en quoi il ne faut rien négliger, car d’une place bien reconnue vous en tirez de grands avantages.

Au surplus, ce n’est pas une chose aisée que de bien démêler le fort et le faible d’une place ; vous avez beau la reconnaître de jour et de nuit, vous ne verrez pas ce qu’elle renferme dans soi, si vous ne l’apprenez par d’autres ; c’est sur quoi il ne faut encore rien négliger.

L’ignorance de la nation sur l’attaque des places a été autrefois si grande, que j’ai vu mettre en question fort sérieusement, s’il n’était pas plus à propos d’attaquer une place par son fort que par son faible, et sur cela disputer du pour et du contre avec chaleur.

Il n’y a point de place qui n’ait son fort et son faible, à moins qu’elle ne soit d’une construction régulière, dont les pièces de même qualité soient toutes égales entre elles, et situées au milieu d’une plaine rase qui l’environne à perte de vue, et qui n’avantage en rien une partie plus que l’autre. Pour lors, on la peut dire également forte et faible partout ; et en ce cas il n’est plus question que d’en résoudre les attaques par rapport aux commodités, c’est-à-dire par le côté le plus à portée