Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/69

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faire reconnaître par gens sûrs et intelligens ; ce qui se doit faire à petit bruit, de jour et de nuit.

De jour, on n’a pas la liberté de s’approcher de bien près, à moins qu’on ne le fasse presque seul, parce que les gardes avancées de la place, et le canon vous inquiètent quand vous êtes accompagné, et vous empêchent d’approcher.

Comment Vauban reconnaissait une place.Le mieux est d’avoir de petites gardes avancées derrière soi, cachées dans des haies ou dans quelque fossé, soutenues par d’autres un peu plus éloignées, à la faveur desquelles on s’avance seul ou très-peu accompagné ; c’est ce que j’ai presque toujours fait, et ce qui m’a bien réussi.

Ce sont de ces sortes de choses qu’il faut dérober comme on peut, et les revoir plusieurs fois.

Ces manières de reconnaître, n’instruisent guère que du chemin à tenir pour les attaques, du nombre et grandeur des bastions, cavaliers, demi-lunes, ouvrages à corne, redans, chemins couverts, etc., qui est toujours beaucoup. Mais s’il y a des fonds près de la place, et autres couverts qui vous puissent être bons à quelque chose, on a peine à les bien démêler, et d’ordinaire on ne les reconnaît que fort imparfaitement, non plus que les eaux dormantes et courantes qui sont près de la place.

Pour bien démêler tout ceci, il faut les reconnaître de nuit, bien accompagné, afin de les pouvoir approcher et toucher, comme on dit, du bout