Page:Verhaeren - Contes de minuit, 1884.djvu/30

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rayonnantes déesses évanouies ; leurs sourires tués ; leur gloire pourrie. Elles s’étaient désenlacées de l’étreinte charnelle où depuis deux siècles, elles s’abandonnaient aux bras des jeunes dieux. Leurs ossatures perdues dans une peau trop large, faisaient leurs corps vides.

Ses magots portaient leurs ventres dégonflés sur leurs jambes ; ils entrechoquaient leurs membres comme des squelettes dans les fêtes macabres. Sa tétonnière haletait d’asthme. Ses cochonnets agonisaient sur le flanc, les pattes raides.

Lui regardait toujours, voulant comprendre.

Il devina.

Et d’un bond, il sauta dans l’appartement, arracha le tableau gothique et le jeta dehors avec des gestes d’égaré. Enfin, il avait senti que les dieux et les déesses, et les