Page:Verhaeren - Contes de minuit, 1884.djvu/39

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les apôtres raidis dans des poses extatiques, avec des langues de feu sur la tête. Derrière, dans le vaisseau, sous la grande voûte, ce fut une procession de bienheureux, de martyrs, d’anachorètes, de pénitentes, dévalant des piédestaux et des bas-reliefs ; quelques-uns se dégageaient des mailles des vitraux ; des anges, qui soutenaient de leurs ailes éployées la poussée des voûtes, abandonnaient leur faix ; d’autres s’envolaient de l’orgue, où, sculptés dans le chêne, ils publiaient la gloire de Dieu à travers des buccins de cuivre.

Et tous, depuis l’autel jusqu’au fond de l’église, faisaient, dans leurs robes immaculées, une traînée de blancheurs où fourmillaient, par places, des scintillements embrasés comme dans les fleuves frappés de soleil. C’étaient des luisants de satin, des cassures de soie, des palmes dorées