Page:Verhaeren - Contes de minuit, 1884.djvu/40

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au feu des supplices, des couronnes de pureté, des cœurs embrasés, plaquant les poitrines, des rayons sortant des mains, des pieds, des yeux, des nimbes, courbant leurs orbes lumineux, comme des colliers étalés. C’était le déploiement des neigeuses étoles des confesseurs, la longue file des vêtements laineux des solitaires, avec leurs visages évidés de maigreur et pâles comme des hosties, le chœur des papes debout dans leur pose marmoréenne, et des vierges formant un parterre de grands lys en fleur, d’où sortait, comme une statue d’albâtre, un archange géant, les ailes grandioses.

Cette uniformité blanche aveuglait. On eût dit de l’argent en fusion. Ces fulgurances se croisaient, pénétraient les unes dans les autres ; il sortait d’elles une éruption de clarté si intense que pas un coin