Page:Verhaeren - Contes de minuit, 1884.djvu/44

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chants, les hymnes repliaient leurs ailes d’alcyon, les sourires mouraient avec l’extase sur les visages détendus. Le bruit retombant des encensoirs finit. Les cierges s’éteignirent d’eux-mêmes. Les anges s’envolèrent par des chemins lactés. Saints et saintes remontèrent sur leurs piédestaux, se refigeant dans leurs attitudes penchées sur les misères humaines. Les martyrs tinrent leurs palmes d’or levées, et la béatitude de souffrir pour leur Dieu retrempa leurs regards.

Tous ces vêtements de laine, toutes ces étoles, ces robes neigeuses, ces chasubles argentées, ces traînes solennelles, ces voiles de gaze sentirent l’approche du noir. Car rien n’est plus délicat, plus frileux que ces teintes célestes où toute la pureté de l’immatériel se reflète. Les tons voisins les torturent, le noir les tue. Il