Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/100

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CLAIRE


Tu as fait cela toi… Mais alors, comment accorder ta conduite
avec tes idées ?


HAINEAU


Ah voilà… C’est que j échoue quand j’agis pour moi-même, c’est
qu’on me trahit, c’est qu’on m’en veut, c’est que Le Breux me supplante… ; c’est, qu’en fin de compte, Hérénien reste, malgré tout, le seul qui sauvera les choses, au point où elles en sont. Il les a brouillées, qu’il les débrouille.


CLAIRE


Et tu l’as soutenu, toi ?


HAINEAU


Certes, puisqu’on ne peut recommencer la révolte, puisque tout
s’émiette entre mes doigts, puisque j’ai la déveine et la guigne. Si je te disais combien le peuple est encore enfant et combien il regrette déjà de n’avoir plus son maître ! … Oh ! c’est bien fini, c’est bien fini ! — et l’on devrait avoir la force de disparaître.