Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/53

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




HÉRÉNIEN


Alors, sachez que c’est au nom de la loi la plus claire, la plus
simple et la plus fixe que je m’adresse à votre honneur d’homme. Dans peu de jours, cette plaine sera ruine, pourriture et sang. Vous n’avez qu’un mot à dire pour que la vie, à laquelle tous nous avons droit, nous soit conservée. L’assistance que les hommes doivent aux hommes, vous qui portez des armes, vous, le premier, vous la devez à nous tous. Ce devoir efface tous les autres. Il existait qu’on ignorait encore le nom d’armée et le nom de consigne.


L’OFFICIER


Dispersez-vous, dispersez-vous.


HÉRÉNIEN


Il regarde la foule qui le suit, énorme, compte du regard les soldats et se dirige d’abord vers son père mort.


Je demande pardon à ce mort d’ensanglanter ses funérailles.

À ce moment, le général qui observe la scène du haut du rempart accourt vers l’officier.