Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, IV.djvu/140

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pierre duchatelet

employé, du temps que vous ne pourriez venir au bureau ; je ne mentionnerai pas de cause précise, je mettrai « retenu à son bataillon ». Allons, cher monsieur, au revoir. Ne vous ennuyez pas trop… Aussi, permettez-moi de vous le dire, pourquoi n’êtes-vous pas plus exact que ça à l’exercice, vous, un volontaire, en quelque sorte ? — À bientôt donc, monsieur Duchatelet…

Et il avait dû faire sa prison, parmi une trentaine de punis pour fautes analogues à la sienne, rester quarante-huit heures dans cette camaraderie bonhomme si l’on veut, mais ennuyeuse, turbulente, bavarde, buveuse et bêtasse au possible, subir la température (en plein hiver de 1870-71 !) d’un plafond extrêmement haut et celle d’un poêle énorme qui ronflait nuit et jour, entretenu du dehors par des geôliers que la « pièce » rendait trop complaisants sous ce rapport et sous les autres. Il dut même à cette dernière circonstance de sa courte mais exaspérante incarcération un fort commencement de bronchite qui le retint au lit pendant près d’une semaine.

Et il était, ce matin-là, précisément en train de penser à l’un de ses amis intimes, chirurgien-major au bataillon, qui venait de le soigner pour sa gorge non sans lui recommander la plus grande prudence et, si possible, une complète abstention ultérieure de service militaire, lui offrant même tous les certi-