Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, IV.djvu/182

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madame aubin


Qu’est-ce que vous risquez, vous, homme, célibataire, à ce voyage d’agrément ? Rien, un duel peut-être au retour ! Votre réputation sera loin d’en souffrir dans ce monde illogique où nous vivons, qui n’aime pas l’adultère de la femme et qui raffole de toutes les fautes galantes d’un homme comme il faut. Tandis que moi !! Et il n’est que tout naturel que même et que surtout sur le bord de la dernière résolution, j’hésite et me rejette en arrière, dussiez-vous en être fâché. Voyons, l’êtes-vous, fâché, pouvez-vous l’être, devez-vous l’être ?


PELTIER, comme inopinément délivré et dé terminé, carré, net, confiant.

Questions, questions ! Sottises ! À mon tour je vous dirai : Soyons sérieux. Vous m’avez, avouez-le, encouragé à cette chose. Et précisément il était, comme vous dites, bien naturel à moi de l’entreprendre et il me l’est encore, je m’en rapporte à votre raisonnement, de la poursuivre en homme comme il faut, ou autrement !

Mme Aubin se recule vivement. Peltier fait un pas en avant.

Et je vais vous le prouver !


MADAME AUBIN, droite, raide, sans reculer d’une ligne dorénavant.

Fi !