Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/329

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DEUX MOTS D’UNE FILLE


I


Il s’était dégradé depuis belle lurette. Je veux dire qu’il vivait chez de petit peuple, dans un garni dont sa dèche, bien qu’ancienne, n’excusait pas les promiscuités.

Aussi vous avait-il de ces théories ! Un jour ne me dit-il pas :

— Mon cher, ces filles et leurs amants ne sont pas ce que l’on pense. Il y a chez les unes un dévouement et un héroïsme, chez les autres une chevalerie, oui, une che-va-le-rie et une tendresse qu’on chercherait en vain ailleurs. Certes, il y a des sous-entendus à ces vertus. Mais quelle médaille… ? Est-ce que la plus belle fille… ? L’argent a, je le reconnais, sa très forte part dans ces existences irrégulières. Mais dans les régulières, d’existences ? Et encore, voler à coups de poings, de sortie de bal ou de couteau, que