Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/331

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comme ça

— en attendant de l’entonner ces épopées — une modeste idylle où je jouai mon bout de rôle…

Ici je coupe la parole à mon ami qui, sans doute, nous en baillerait par trop de trop belles, et je vais vous donner à la troisième personne, et tout bonnement, son récit qui vous eût été, sans nul doute, lyrique à l’excès.

L’hôtel garni en question était, en dehors de ses chambres pour ouvriers, tout petits employés et déclassés, une très peu vague maison de passe. Des filles en carte, en outre, y avaient leur « carrée » en propre, avec amant ou maîtresse, ou rien dedans. L’une d’elles qui couchait seule, une fois le « truc fait », eut avec mon ami, alors en possession ou en pouvoir de femme (et à propos de cette maîtresse participant à l’entretien), une altercation assez, violente à l’issue de laquelle elle donna immédiatement congé, « ne voulant pas, cria-t-elle, car elle était soûle, être insultée impunément par deux vaches ! » À quoi l’irascible garçon que la présence de sa femme gonflait encore, — tel un dindon — répliqua : « Va dire à ton m.... que je ne réponds pas aux p..... » Quelque temps après, naturellement, il se brouillait avec la belle, cause de tout ce tapage, une grande brune assez insignifiante, puis tombait gravement malade. Sa maladie dura six mois au bout desquels une rapide convalescence lui