Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/375

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comme ça

chasser le souci de comment s’en procurer d’autres et dès lors amener le rêve jusqu’à l’illusion…

Les dits trente jours que dura ce très aimable supplice furent mis à profit pour une autre espèce de changement plus dur à première vue mais bien compensé aussi de son côté. Il s’agit de la réforme, de la refonte totale de son caractère qui était extrêmement loin, on l’a vu, d’être accompli. Tant y a que le cours de ses réflexions l’amena, parallèlement à la modification radicale de sa fortune pécuniaire, à être aimable quand, réservé selon, expansif si, jamais bourru, toujours bienfaisant, mais bienfaisant aussi pour soi, bref l’homme d’ordre sachant ce qui devait arriver en toute probabilité, le procurant quand il fallait, de qui il avait été jusqu’ici le parfait opposé, — et que, pour commencement de la fin suivant son expression mentale (car il se parla beaucoup durant ce mois d’intime concentration), il apaisa en plaisanterie, où les rieurs furent de son côté, une affaire d’honneur qu’il caressait précédemment de projets militaires très nets : n’avait-il pas toute une œuvre à remplir, tout une philosophie aussi à pratiquer, laquelle, en tête de tout, implicitement mais absolument, lui interdisait le duel ?

La même philosophie, exigeant l’oubli tout