Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/201

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— Dans la soirée, répondit Harry Markel. Les nuages montent très lentement, et, si le vent se déclare, ce ne sera pas avant deux ou trois heures…

— Nous avons remarqué, continua Tony Renault, que ces nuages ne sont pas coupés, et ils doivent descendre très bas, au-dessous de l’horizon… C’est, sans doute, ce qui vous fait penser, capitaine Paxton, que le changement de temps est probable ?… »

Harry Markel fit un signe de tête affirmatif, et alors le maître d’équipage d’ajouter :

« Oui, mes jeunes messieurs, je crois que nous tenons le vent cette fois !… Ce sera le bon, puisqu’il nous poussera dans l’ouest… Encore un peu de patience, et l’Alert aura enfin quitté la côte d’Irlande !… En attendant, vous avez le temps de dîner, Ranyah Cogh a mis toute sa cuisine en branle pour votre dernier repas… le dernier en vue de terre, s’entend !… »

Harry Markel fronçait le sourcil, comprenant bien les abominables allusions de John Carpenter. Mais il était difficile d’enrayer les bavardages de ce bandit qui avait la férocité plaisante ou la plaisanterie féroce, comme on voudra.

« Bien, fit Magnus Anders, nous nous met-