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césar cascabel.

M. Cascabel et les siens n’avaient point été trop éprouvés par les fatigues de la route ; en vérité, il fallait qu’ils fussent doués d’une santé de fer — ce qui était évidemment dû à leur vie errante, à leur habitude de se faire à tous les climats, à cette solidité de constitution que donnent les exercices corporels. Il y avait par suite lieu d’espérer qu’ils arriveraient tous sains et saufs à Port-Clarence.

Et il en fut ainsi à la date du 5 septembre, après cinq cents lieues parcourues depuis Sitka, et près de onze cents depuis Sacramento — soit seize cents lieues faites, en six mois, à travers l’Ouest-Amérique.



XV

port-clarence.


Port-Clarence est le port le plus avancé vers le nord-ouest que l’Amérique septentrionale possède sur le détroit de Behring. Situé au sud du cap du Prince-de-Galles, il se creuse dans la partie du littoral, où se dessine le nez de cette figure dont le profil est représenté par la côte alaskienne. Ce port présente un excellent mouillage, très apprécié des navigateurs et, plus particulièrement, de ces baleiniers dont les navires vont chercher fortune dans les mers arctiques.

La Belle-Roulotte était venue camper près de la berge intérieure du port, près de l’embouchure d’une petite rivière, à l’accore de hautes roches, couronnées par un massif de maigres bouleaux. Là devait se faire la plus longue halte de tout le voyage. Là se prolongerait le repos de la petite troupe — un repos forcé que commandait l’état du détroit, dont la surface n’était pas encore solidifiée à cette époque de l’année.