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deux ans de vacances.

Rien !… Pas même des empreintes que, d’ailleurs, le reflux aurait certainement effacées.

« Ces malheureux, s’écria Wilcox, étaient donc vivants, puisqu’ils ont pu se relever !…

— Où sont-ils ?… demanda Cross.

— Où ils sont ?… répondit Doniphan, en montrant la mer qui déferlait avec furie. Là où la marée descendante les a emportés ! »

Doniphan rampa alors jusqu’à la lisière du banc de récifs, et promena sa lunette à la surface de la mer…

Pas un cadavre !

Les corps des naufragés avaient été entraînés au large !

Doniphan rejoignit Wilcox, Cross et Webb, qui étaient restés près de l’embarcation.

Peut-être s’y trouvait-il quelque survivant de cette catastrophe ?…

L’embarcation était vide.

C’était une chaloupe de navire marchand, pontée à l’avant, et dont la quille mesurait une trentaine de pieds. Elle n’était plus en état de naviguer, son bordage de tribord ayant été défoncé à la ligne de flottaison par les chocs de l’échouage. Un bout de mât, brisé à l’emplanture, quelques lambeaux de voile accrochés aux taquets du plat-bord, des bouts de cordages, c’était tout ce qui restait de son gréement. Quant à des provisions, à des ustensiles, à des armes, rien dans les coffres, rien sous le petit gaillard de l’avant.

À l’arrière, deux noms indiquaient à quel navire elle avait appartenu ainsi que son port d’attache :

SevernSan-Francisco

San-Francisco ! Un des ports du littoral californien !… Le navire était de nationalité américaine !

Quant à cette partie de la côte, sur laquelle les naufragés du Severn avaient été jetés par la tempête, c’était la mer qui en limitait l’horizon.