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deux ans de vacances.

XXII

Une idée de Briant. – Joie des petits. – Construction d’un cerf-volant. – Expérience interrompue. – Kate. – Les survivants du Severn. – Dangers que courent Doniphan et ses camarades. – Dévouement de Briant. – Tous réunis.


On n’a point oublié dans quelles conditions Doniphan, Webb, Cross et Wilcox avaient quitté French-den. Depuis leur départ, la vie des jeunes colons était devenue bien triste. Avec quel profond chagrin tous avaient vu se produire cette séparation, dont les conséquences pouvaient être si fâcheuses dans l’avenir ! Certes, Briant n’avait rien à se reprocher, et, cependant, peut-être était-il plus affecté que les autres, puisque c’était à son sujet que la scission avait eu lieu.

En vain Gordon cherchait-il à le consoler en lui disant :

« Ils reviendront, Briant, et plus tôt qu’ils ne le pensent ! Si entêté que soit Doniphan, les circonstances seront plus fortes que lui ! Avant la mauvaise saison, je parierais qu’ils nous auront rejoints à French-den ! »

Briant, secouant la tête, n’osait rien répondre. Que des circonstances eussent pour résultat de ramener les absents, oui, peut-être ! Mais, alors, c’est que ces circonstances seraient devenues bien graves !

« Avant le retour de la mauvaise saison ! » avait dit Gordon. Les jeunes colons étaient-ils donc condamnés à passer un troisième hiver sur l’île Chairman ? Aucun secours ne leur arriverait-il d’ici là ? Ces parages du Pacifique n’étaient-ils point fréquentés, pendant l’été, par quelques bâtiments de commerce, et le ballon-signal, hissé sur la crête d’Auckland-hill ne serait-il pas enfin aperçu ?