Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/120

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fleuve, et que la nuit on s’arrête quelque part, il faut avoir soin de dormir loin de la terre, car sans cela les lions viennent jusqu’à la barque, se saisissent d’un homme et le dévorent. Et les habitants, qui savent cela, ont bien soin de s’en garder. Ces lions sont très-grands et très-dangereux ; mais ce qui est merveilleux, c’est qu’en cette contrée il y a des chiens qui ont la hardiesse d’assaillir des lions, mais il faut qu’ils soient deux, car un homme et deux chiens viennent à bout d’un grand lion. »

De cette province, Marco Polo remonta directement à Sindiu, la capitale de la province de Szu-tchouan, d’où il s’était élancé pour accomplir son excursion dans la Thibet et, reprenant la route déjà parcourue, il revint près de Kublaï-Khan, après avoir heureusement terminé sa mission dans l’Indo-Chine. Il est vraisemblable qu’alors Marco Polo fut chargé par l’empereur d’une autre mission dans la partie sud-est de la Chine, « la partie la plus riche et la plus commerçante de ce vaste empire, dit M. Pauthier dans son bel ouvrage sur le voyageur vénitien, et celle aussi sur laquelle, depuis le seizième siècle, on a obtenu en Europe le plus de renseignements. »

A s’en rapporter à l’itinéraire tracé sur la carte de M. Pauthier, Marco Polo, en quittant Cambaluc, se dirigea au midi vers l’industrieuse cité de Ciangli, probablement la ville de Té-cheu, et, à six journées de là, vers Condinfu, la cité actuelle de Tsi-nan-fou, capitale de la province de Chan-toung, où naquit Confucius.