Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/138

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khans mongols de la Perse. Mais ses voyages d’exploration étaient terminés. Après avoir pris congé de la princesse tartare, les trois Vénitiens, bien escortés et défrayés de toute dépense, prirent la voie de terre pour regagner leur patrie. Ils se rendirent à Trébizonde, de Trébizonde à Constantinople, de Constantinople à Négrepont, et ils s’embarquèrent pour Venise.

Ce fut en 1295, vingt-quatre ans après l’avoir quittée, que Marco Polo rentra dans sa ville natale. Les trois voyageurs, hâlés par les ardeurs du soleil, grossièrement vêtus d’étoffes tartares, ayant conservé dans leurs manières et leurs usages les modes mongoles, et déshabitués de parler la langue vénitienne, ne furent pas reconnus, même de leurs plus proches parents. D’ailleurs, depuis longtemps le bruit de leur mort s’était répandu, et on croyait ne jamais les revoir. Ils se rendirent à leur maison, dans le quartier Saint-Jean-Chrysostome, et ils la trouvèrent occupée par différents membres de la famille Polo. Ceux-ci accueillirent les trois voyageurs avec une extrême défiance, que méritait certainement leur apparence piteuse, et ils n’ajoutèrent aucune foi aux récits un peu extraordinaires que leur fit Marco Polo. Cependant, sur leur insistance, ils les admirent dans cette maison dont ils étaient les légitimes possesseurs. Quelques jours après, Nicolo, Matteo et Marco, voulant détruire jusqu’aux moindres soupçons qui planaient sur leur identité, donnèrent un magnifique repas suivi d’une fête splendide. Ils y convièrent les divers membres de leur famille et les plus grands sei-