Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/20

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Corne du Midi. D’après M. d’Avezac, ce golfe serait l’embouchure même du Rio do Ouro, qui se jette dans l’Atlantique, à peu près sur le Tropique du Cancer. Au fond de ce golfe se voyait une île habitée par un grand nombre de gorilles que les Carthaginois prirent pour des sauvages velus. Ils parvinrent à s’emparer de trois « femmes », qu’ils furent obligés de tuer, tant la rage de ces femelles de singes était indomptable.

Cette Corne du Midi est certainement la limite extrême atteinte par l’expédition punique. Quelques commentateurs veulent même qu’elle n’ait pas dépassé le cap Bojador, qui se développe à deux degrés au-dessus du Tropique, mais l’opinion contraire semble avoir prévalu. Arrivé à ce point, Hannon, qui commençait à se trouver à court de vivres, reprit la route au nord et rentra à Carthage, où il fit graver la relation de ce voyage dans le temple de Baal Moloch.

Après l’explorateur carthaginois, le plus illustre des voyageurs de l’antiquité pendant les temps historiques fut le neveu du poëte Panyasis, dont les poésies rivalisaient alors avec celles d’Homère et d’Hésiode, le savant Hérodote, surnommé le père de l’histoire. Pour notre compte, nous dégagerons le voyageur de l’historien, et nous le suivrons au milieu des contrées qu’il a parcourues.

Hérodote naquit à Halicarnasse, ville de l’Asie Mineure, l’an 484 avant Jésus-Christ. Sa famille était riche, et, par ses vastes relations commerciales, elle pouvait favoriser les instincts d’explorateur qui se