Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/213

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Le destin avait favorisé Christophe Colomb en le conduisant ainsi au milieu de l’un des plus beaux archipels du monde entier. Toutes ces nouvelles terres qu’il allait découvrir, c’était comme un écrin d’îles précieuses dans lesquelles il n’avait qu’à puiser à pleines mains.

Le 15 octobre, au coucher du soleil, la flottille jeta l’ancre près de la pointe ouest d’une seconde île, qui fut nommée Conception, et qu’une distance de cinq lieues seulement séparait de San-Salvador. Le lendemain, l’Amiral accosta ce rivage avec des embarcations armées et préparées contre toute surprise. Les naturels, appartenant à la même race que ceux de San-Salvador, firent très-bon accueil aux Espagnols. Mais un vent du sud-est s’étant levé, Colomb rallia la flottille, et s’avançant encore de neuf lieues dans l’ouest, il découvrit une troisième île, à laquelle il donna le nom de Fernandina. C’est actuellement la Grande-Exuma.

Toute la nuit on resta en panne, et le lendemain, 17 octobre, de grandes pirogues vinrent entourer les caravelles. Les rapports avec les naturels étaient excellents. Les sauvages échangeaient paisiblement des fruits et de petites pelotes de coton pour des perles de verre, des tambours de basque, des aiguilles qui les séduisaient beaucoup, et de la mélasse dont ils se montraient très-friands. Ces indigènes de Fernandina, plus vêtus que leurs voisins de San-Salvador, étaient aussi plus civilisés ; ils habitaient des maisons faites en forme de pavillons et pourvues de hautes cheminées ; ces cases étaient fort propres à l’intérieur et très-bien entretenues.