Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/238

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le métier de manœuvres. Les prêtres les soutinrent, et Colomb, obligé de sévir, dut mettre les églises en interdit. Cependant, il ne pouvait prolonger son séjour à Isabelle ; il avait hâte de découvrir d’autres terres. Ayant formé un conseil destiné à gouverner la colonie, conseil composé de trois gentilshommes et du chef des missionnaires sous la présidence de don Diègue, le 24 avril, il reprit la mer avec trois navires pour compléter le cycle de ses découvertes.

La flottille descendit vers le sud. On découvrit bientôt une nouvelle île que les naturels appelaient Jamaïque. Le relief de cette île était formé par une montagne à pentes très-adoucies. Ses habitants paraissaient ingénieux et adonnés aux arts mécaniques, mais d’un caractère peu pacifique. Plusieurs fois, ils s’opposèrent au débarquement des Espagnols ; mais ils furent repoussés et finirent par conclure un traité d’alliance avec l’Amiral.

De la Jamaïque, Christophe Colomb poussa ses recherches plus à l’occident. Il se croyait arrivé au point où les géographes anciens plaçaient la Chersonèse, cette région d’or de l’occident. Des courants très-forts le rejetèrent vers Cuba, dont il prolongea la côte sur une étendue de deux cent vingt-deux lieues. Pendant cette navigation très-périlleuse, au milieu de gués et de passages étroits, il nomma plus de sept cents îles, reconnut un grand nombre de ports, et entra souvent en relation avec les indigènes.

Au mois de mai, les vigies des navires signalèrent un