Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/261

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30 juillet, et, le 14 août, il toucha au cap Honduras, cette langue de terre qui, prolongée par l’isthme de Panama, réunit les deux continents.

Ainsi donc, pour la seconde fois, Colomb accostait, sans le savoir, la véritable terre américaine. Il suivit les contours de ces rivages pendant plus de neuf mois, au milieu de périls et de luttes de tout genre, et il dressa le tracé de ces côtes, depuis l’endroit où fut depuis Truxillo jusqu’au golfe de Darien. Chaque nuit, il jetait l’ancre afin de ne pas s’éloigner de la terre, et il remonta jusqu’à cette limite orientale qui se termine brusquement par le cap de Gracias a Dios.

Ce cap fut doublé le 14 septembre, mais l’Amiral se vit assailli par des coups de vent tels que, lui, le plus vieux marin de ses équipages, n’en avait jamais subi de semblables. Voici dans quels termes sa lettre au roi d’Espagne raconte ce terrible épisode : « Pendant quatre-vingts jours, les flots continuèrent leurs assauts, et mes yeux ne virent ni le soleil, ni les étoiles, ni aucune planète ; mes vaisseaux étaient entr’ouverts, mes voiles rompues ; les cordages, les chaloupes, les agrès, tout était perdu ; mes matelots, malades et consternés, se livraient aux pieux devoirs de la religion ; aucun ne manquait de promettre des pèlerinages, et tous s’étaient confessés mutuellement, craignant de moment en moment de voir finir leur existence. J’ai vu beaucoup d’autres tempêtes, mais jamais je n’en ai vu de si longues et de si violentes. Beaucoup des miens qui passaient pour des matelots intrépides perdaient courage ; mais