Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/265

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mines d’or devaient être très riches. Le 6 février, Christophe Colomb expédia vers l’emplacement indiqué un détachement de soixante-dix hommes, sous la conduite de son frère Barthélémy. Après avoir franchi un sol très-accidenté et coupé par des rivières tellement sinueuses que l’une d’elles dut être traversée trente-neuf fois pendant le trajet, les Espagnols atteignirent les terrains aurifères. Ils étaient immenses et s’étendaient à perte de vue. L’or y était tellement abondant qu’un homme seul pouvait en recueillir une mesure en dix jours. En quatre heures, Barthélémy et ses compagnons en ramassèrent pour une somme énorme. Ils revinrent vers l’Amiral. Celui-ci, quand il connut ce résultat, résolut de s’établir sur la côte et fit construire des baraques en bois.

Les mines de cette région étaient véritablement d’une incomparable richesse ; elles semblaient inépuisables, et pour elles Colomb oublia Cuba et Saint-Domingue. Sa lettre au roi Ferdinand marque son enthousiasme à cet égard, et l’on peut être étonné de trouver sous la plume de ce grand homme cette curieuse phrase, qui n’est ni d’un philosophe, ni d’un chrétien : « L’or ! l’or ! excellente chose ! C’est de l’or que naissent les richesses, c’est par lui que tout se fait dans le monde, et son pouvoir suffit souvent pour envoyer les âmes en paradis ! »

Les Espagnols travaillaient donc avec ardeur à entasser l’or dans leurs vaisseaux. Jusqu’alors les relations avec les indigènes avaient été paisibles, bien que ces gens-là fussent d’humeur farouche. Mais bientôt le