Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/309

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Tandis qu’il revenait en Europe, Alvarès Cabral aurait pu rencontrer une flotte de quatre caravelles, sous le commandement de Joao da Nova, que le roi Emmanuel envoyait pour donner un nouvel essor aux relations commerciales que Cabral avait dû établir aux Indes. Cette nouvelle expédition doubla sans encombre le cap de Bonne-Espérance, découvrit, entre Mozambique et Quiloa, une île inconnue qui reçut le nom du commandant, et arriva à Mélinde, où elle apprit les événements qui s’étaient passés à Calicut.

Da Nova ne disposait pas de forces assez redoutables pour aller châtier le zamorin. Ne voulant pas risquer de compromettre par un échec le prestige des armes portugaises, il se dirigea vers Cochin et Cananor, dont les rois tributaires du zamorin avaient fait alliance avec Alvarès Cabral. Il avait déjà chargé sur ses bâtiments mille quintaux de poivre, cinquante de gingembre et quatre cent cinquante de cannelle, lorsqu’il fut averti qu’une flotte considérable, paraissant venir de Calicut, s’avançait avec des dispositions hostiles. Si da Nova s’était jusqu’ici plus soucié de commerce que de guerre, il ne se montra pas, dans cette circonstance critique, moins hardi et moins brave que ses prédécesseurs. Il accepta le combat, malgré la supériorité apparente des Hindous, et, grâce aux habiles dispositions qu’il sut prendre, grâce à la puissance de son artillerie, il dispersa, prit ou coula les navires ennemis.

Peut-être aurait-il dû profiter de l’épouvante que sa victoire avait jetée sur toute la côte et de l’épuisement