Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/321

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C’est là que se séparèrent da Cunha et Albuquerque ; le premier se rendait aux Indes pour y chercher un chargement d’épices ; le second, officiellement revêtu du titre de capitam mõr et tout entier à la réalisation de ses vastes plans, partait le 10 août 1507 pour Ormuz, après avoir laissé dans la nouvelle forteresse son neveu, Alphonse de Noronha. Successivement, et comme pour se faire la main, il prit Calayate, où se trouvaient d’immenses approvisionnements, Curiate et Mascate, qu’il livra au pillage, à l’incendie et à la destruction, afin de se venger d’une série de trahisons bien compréhensibles pour qui connaît la duplicité de ces populations.

Le succès qu’il venait de remporter à Mascate, tout important qu’il fût, ne suffisait pas à Albuquerque. Il rêvait d’autres projets plus grandioses, dont l’exécution fut gravement compromise par la jalousie des capitaines sous ses ordres, et notamment de Joao da Nova, qui voulait abandonner son chef et qu’Albuquerque dut aller arrêter sur son propre navire. Après avoir mis ordre à ces tentatives de désobéissance et de rébellion, le capitam mõr gagna Orfacate, qui fut enlevée après une assez vigoureuse résistance.

Chose curieuse, depuis longtemps Albuquerque entendait parler d’Ormuz mais il en ignorait encore la position. Il savait que cette ville servait d’entrepôt à toutes les marchandises qui passaient d’Asie en Europe. Sa richesse et sa puissance, le nombre de ses habitants, la beauté de ses monuments, étaient alors célèbres dans