Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/324

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les Maures hissèrent le drapeau parlementaire et signèrent un traité par lequel Seif-Ed-din se reconnaissait vassal du roi Emmanuel, s’engageait à lui payer un tribut annuel de 15,000 séraphins ou xarafins, et concédait aux vainqueurs l’emplacement d’une forteresse qui, malgré la répugnance et les récriminations des capitaines portugais, fut bientôt mise en état de résister.

Malheureusement, des déserteurs portèrent bientôt ces dissentiments coupables à la connaissance de Kodaj-Atar, qui en profita pour se dérober sous divers prétextes à l’exécution des articles du nouveau traité. Quelques jours après, Joao da Nova et deux autres capitaines, jaloux des succès d’Albuquerque et foulant aux pieds l’honneur, la discipline et le patriotisme, le quittèrent pour gagner les Indes ; lui-même se vit alors forcé par ce lâche abandon de se retirer sans pouvoir même garder la forteresse qu’il avait mis tous ses soins à construire.

Il se rendit alors à Socotora. dont la garnison avait besoin de secours, revint croiser devant Ormuz, mais, se jugeant toujours impuissant à rien entreprendre, il se retira provisoirement à Goa, qu’il atteignit à la fin de 1508.

Que s’était-il passé à la côte de Malabar pendant cette longue et aventureuse campagne ? Nous allons le résumer en quelques lignes.

On se rappelle qu’Almeida était parti de Belem, en 1805, avec une flotte de vingt-deux voiles portant quinze cents hommes de troupes. Tout d’abord il s’em-