Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/331

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voulait s’opposer à la venue d’une nouvelle escadre que le soudan d’Égypte se proposait d’envoyer dans l’Inde ? Il hésitait, lorsqu’un renversement de la mousson vint fixer son irrésolution. En effet, il était impossible de gagner Aden avec les vents régnants, tandis qu’ils étaient favorables pour descendre jusqu’à Malacca.

Cette ville, alors dans toute sa splendeur, ne contenait pas moins de cent mille habitants. Si bien des maisons étaient construites en bois et couvertes avec des feuilles de palmiers, il n’y en avait pas moins nombre d’édifices importants, de mosquées et de tours en pierre, dont le panorama se développait sur une lieue de longueur. L’Inde, la Chine, les royaumes malais des îles de la Sonde se donnaient rendez-vous dans son port, où de nombreux vaisseaux, venus de la côte de Malabar, du golfe Persique, de la mer Rouge et de la côte d’Afrique, échangeaient des marchandises de toute provenance et de toute espèce.

Lorsqu’il vit arriver la flotte portugaise dans ses eaux, le radjah de Malacca comprit qu’il fallait donner une apparente satisfaction aux étrangers en sacrifiant le ministre qui avait excité leur colère et déterminé leur venue. Son envoyé vint donc apprendre au vice-roi la mort du bendarra et s’informer des intentions des Portugais.

Albuquerque répondit en réclamant les prisonniers restés entre les mains du radjah ; mais celui-ci, désireux de gagner du temps pour permettre au changement de mousson de se produire, — changement qui forcerait les