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GRANDS VOYAGES ET GRANDS VOYAGEURS

servèrent leurs habitudes errantes et poussèrent des pointes hardies dans l’ouest, où, trois ans seulement après l’arrivée d’Ingolf, Guunbjorn découvrit les cimes chenues des montagnes du Groenland. Cinq ans plus tard, un banni, Erik le Rouge, chassé d’Islande pour un meurtre, retrouva la terre entrevue par Guunbjorn par 64° de latitude septentrionale. La stérilité de cette côte et ses glaces le déterminèrent à chercher dans le sud une température plus clémente, des terres plus ouvertes et plus giboyeuses. Il doubla donc le cap Farewell à l’extrémité du Groenland, se fixa sur la côte occidentale et construisit pour lui et ses compagnons de vastes demeures, dont M. Jorgensen a retrouvé les ruines. Cette contrée pouvait alors mériter le nom de Terre-Verte (Groenland), que lui donnèrent les Northmen ; mais l’accroissement annuel et considérable des glaciers en a fait, depuis cette époque, une terre de désolation.

Erik revint en Islande chercher ses amis, et l’année même de son retour à Brattahalida (ainsi s’appelait son établissement), quatorze navires chargés d’émigrants venaient le rejoindre. C’était un véritable exode. Ces faits se passaient en l’an 1000. Aussi vite que les ressources du pays le permirent, la population groenlandaise s’accrut, et, en 1121, Gardar, la capitale du pays, devint le siége d’un évêché, qui subsista jusqu’après la découverte des Antilles par Christophe Colomb.

En 986, Bjarn Heriulfson, venu de Norvége en