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LA CHASSE AU MÉTÉORE

doyen d’âge, qui se trouva être M. Soliès, professeur d’océanographie et délégué de la Principauté de Monaco. On procéda immédiatement à la constitution du bureau définitif.

Au premier tour de scrutin, la présidence fut attribuée, par déférence pour le pays où l’on était reçu, à M. Harvey, jurisconsulte éminent qui représentait les États-Unis.

La vice-présidence fut plus disputée. Elle échut finalement à la Russie, en la personne de M. Saratoff.

Les délégués français, anglais et japonais furent ensuite désignés comme secrétaires.

Ces formalités accomplies, le Président prononça une allocution très courtoise et fort applaudie, puis il annonça que l’on allait procéder à la nomination de trois sous-commissions, qui auraient comme mandat de rechercher la meilleure méthode de travail au triple point de vue démographique, financier et juridique.

Le vote venait de commencer, quand un huissier monta au fauteuil présidentiel et remit un télégramme à M. Harvey.

M. Harvey lut ce télégramme et, à mesure qu’il le lisait, son visage exprimait un étonnement grandissant. Après un instant de réflexion, toutefois, il haussa dédaigneusement les épaules, ce qui ne l’empêcha pas, après un autre moment de réflexion, de faire résonner la cloche, afin d’attirer l’attention de ses collègues.

Quand le silence se fut rétabli :

« Messieurs, dit M. Harvey, je crois devoir porter à votre connaissance que je viens de recevoir ce télégramme. Je ne mets pas en doute qu’il ne soit l’œuvre d’un mauvais plaisant ou d’un fou. Il me paraît, cependant, plus régulier de vous en donner lecture. Le télégramme, d’ailleurs non signé, est ainsi conçu :

« Monsieur le Président,

« J’ai l’honneur d’informer la Conférence Internationale que le bolide, qui doit faire l’objet de ses discussions, n’est pas res nullius, attendu qu’il est ma propriété personnelle.

« La Conférence Internationale n’a donc aucune raison d’être, et, si elle persistait à siéger, ses travaux sont d’avance frappés de stérilité.