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LA CHASSE AU MÉTÉORE

à celui qui l’attirait vers la terre et sans lequel il aurait éternellement sillonné l’espace ?

Mais Zéphyrin Xirdal réfléchit que personne n’était au courant de son intervention. Il convenait donc de la révéler, afin que la Conférence Internationale ne perdît pas son temps à des travaux frappés d’avance de stérilité.

Repoussant du pied les débris des vingt-sept bocaux, il courut au bureau de poste le plus proche, d’où il expédia la dépêche que M. Harvey devait lire du haut du fauteuil présidentiel. Ce n’est vraiment la faute de personne, si, par une distraction bien étonnante chez un homme aussi peu distrait, il oublia de la signer de son nom.

Cela fait, Zéphyrin Xirdal remonta chez lui, se renseigna dans une revue scientifique sur les allées et venues du météore, puis, exhumant une seconde fois sa lunette, il prit une excellente observation qui servit de base à de nouveaux calculs.

Vers le milieu de la nuit, tout étant parfaitement résolu, il remit sa machine en marche et déversa dans l’espace l’énergie radiante avec une intensité et dans une direction convenables, puis, la machine arrêtée une demi-heure plus tard, il se coucha paisiblement et dormit du sommeil du juste.

Depuis deux jours Zéphyrin Xirdal poursuivait son expérience, et il venait d’interrompre le fonctionnement de sa machine pour la troisième fois de l’après-midi, quand on frappa à sa porte. En allant ouvrir, il se trouva en face du banquier Robert Lecœur.

« Enfin ! te voici ! s’écria celui-ci en franchissant le seuil.

— Comme vous voyez, dit Zéphyrin Xirdal.

— Ce n’est pas malheureux ! répliqua M. Lecœur. Voilà je ne sais combien de fois que je monte pour rien tes six étages. Où diable étais-tu ?…

— Je m’étais absenté, répondit Xirdal en rougissant légèrement malgré lui.

— Absenté !… se récria M. Lecœur d’une voix indignée. Absenté !… Mais c’est abominable !… On ne met pas les gens dans une pareille inquiétude. »

Zéphyrin Xirdal regarda son parrain avec étonnement. Certes, il savait pouvoir compter sur son affection. Mais à ce point !…

« Ah çà, mais, mon oncle, qu’est-ce que ça peut vous faire ? demanda-t-il.